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En matière de forêts privées, la gestion est normalement interdite aux agents de l'Etat. A contrario, les forestiers privés ne peuvent pas intervenir en forêts domaniales, qui appartiennent à l'Etat. Ces dernièes sont alors exclusivement gérées par l'Office National des Forêts (qui est un EPIC).
Sous la direction et la responsabilité directe d'un expert forestier, agissant comme conseil du propriétaire privé, la gestion est donc assurée au quotidien par ARBOREA. Rappelons qu'en Auvergne, 85 % de la surface boisée forestière appartient à des propriétaires privés.
La gestion des arbres de ces forêts (ou celle des arbres d'ornement) peut répondre à plusieurs problématiques.
Débutant toujours par une phase de prise de connaissance générale, la gestion détermine les possibilités soit de valorisation ou d'amélioration de l'existant (balivage, éclaircie, élagage, coupe, ...), soit leur transformation (replantation et reboisement, ...) dans le cas de grande pauvreté du matériel sur pied existant ou s'il est sans avenir.
Rappelons que l'existence d'une convention de gestion des bois et forêts établie avec un expert forestier, conduit le propriétaire à pouvoir bénéficier d'une réduction d'impôt annuelle, en regard des frais de gestion payés, avec report sur les années suivantes des montants exédentaires en cas de dépassement des seuils fiscaux annuels prévus.
Le diagnostic préalable. Il s'agit de réaliser un diagnostic général de gestion, qui consiste à prendre connaissance des peuplements de la forêt ou du parc d'agrément ou de la voie urbaine, puis à déterminer les opérations techniques, administratives ou sylvicoles à effectuer, et enfin d'appliquer aux différentes obligations qui se sont révélées un degré d'urgence pour leur réalisation.
L'inventaire. Dans un cadre forestier, il s'agit de procéder, par équipe de trois ou quatre hommes marchant en virée, à un dénombrement de tous les arbres d'une forêt. Réalisé périodiquement, un inventaire doit s'effectuer par essences et par catégories de circonférence ou de diamètre. Cet inventaire peut avoir lieu en totalité, c'est à dire pied à pied. Mais il peut aussi être effectué de manière partielle ou statistique. Il permet de connaître avec précision le volume présent sur une forêt et sa qualité à un moment précis. Ce principe de dénombrement peut aussi avoir lieu pour des arbres de parcs en matière d'ornement ou d'agrément et en zones urbaines.
La dendrométrie. Il s'agit de réaliser différentes mesures techniques, liées à la croissance, la hauteur des arbres ou par exemple, la taille de leur houppier.
Le Plan Simple de Gestion. En matière forestière, il s'agit d'un document administratif, lié aux obligations de l'amendement Monichon, en contrepartie de droits de mutation réduits des 3/4.
Dans une formulation minimum, ce document regroupe les noms du propriétaire de la forêt, la situation administrative de la forêt, les caractéristiques sylvicoles de la forêt. Il dresse un programme des coupes et des travaux. Il doit avoir été prévu sur une durée de 10 ans minimum et de 20 ans maximum. Il est obligatoire pour les forêts qui ont une surface de 25 ha, plus ou moins d'un seul tenant (attention : Modifications à ce sujet en 2011). Il peut être volontaire pour des forêts ayant entre 10 ha et 25 ha.
Mais un tel document peut aussi être beaucoup plus volontariste et devenir alors un véritable outil de gestion, à l'usage du producteur, en le complétant et en lui ajoutant notamment un aspect budgétaire qui doit être réalisé en parallèle, et réactualisé à la demande.
D'autres systèmes, plus simples qu'un plan de gestion, existent aussi. Le CBPS (Code de Bonnes Pratiques Forestières) est une des solutions pour de petit tenement. D'une formulation très simple, une adhésion à des régles basiques, élaborées pour la Région, est alors retenue et vaut alors présomption de gestion durable. Cela évite d'avoir recours à des procédures de demandes de coupes, toujours longues et fastidieuses.
Une fois les boisements ou collection d'arbres connus et identifiés et les différentes interventions classées par ordre d'urgence, la gestion proprement dite peut être initiée. Elle peut alors, soit faire l'objet d'une valorisation de l'existant, soit une transformation des peuplements présents, soit enfin elle peut prendre en compte les ressources annexes non directement issu de la sylviculture, telles que la chasse, par exemple. Cet ensemble se termine par la prise en compte au plan comptable de toutes ces opérations.
La valorisation des peuplements existants. Une bonne gestion passe d'abord par la valorisation des peuplements forestiers existants, avant d'étudier d'autres possibilités plus lourdes à mettre en chantier, telles que le reboisement, ou la transformation de peuplements, solutions qui peuvent néanmoins rester nécessaires dans plus d'un cas. (Souvenons-nous des tempêtes de 1999 et de 2009 qui ont renversé plus de trois ans et demi de production annuelle de la France en seulement quelques heures) Cette valorisation passe par des opérations de balivage, conversion ou simplement d'entretien. La possibilité d'effectuer des éhouppages dans les exploitations de bois d'oeuvre est une bonne solution à laquelle il faut plus souvent penser, car cette solution peut souvent permettre de sauvegarder de beaux baliveaux.
La transformation de peuplements existant. Différents stades ont successivement lieu. L'exploitation des boisements présents permet d'obtenir un terrain propre pour le reboisement, une facilité ultérieure de circulation et une meilleure pénétration par les engins de nettoyage des plantations, voire la circulation des engins de défense contre l'incendie. La préparation des sols avant la plantation, qui est très importante pour la qualité de la reprise, suit cette première phase. En effet, il faut travailler en forêt non pas comme un terrassier créant une route mais comme un agriculteur préparant sa zone de production, c'est à dire en douceur et surtout en fonction de la saison et des intempéries. Une fois préparé, le sol peut être planté à nouveau. Ultérieurement, il faudra procéder à des entretiens, notamment par broyage de la végétation concurrente.
Location de chasse et pêche. Pour les massifs forestiers d'une certaine importance en surface, l'expert peut s'occuper, pour le compte de son propriétaire, de la mise en location de la chasse ou de la pêche des étangs, située sur les forêts qu'il gère.
Si la chasse procure un revenu complémentaire qui n'est pas forcement négligeable, elle doit absolument être pratiquée sérieusement pour ne pas pénaliser gravement la régénération de la forêt, ni provoquer de destruction ou la souffrance du gibier.
Le suivi comptable et fiscal. L'ensemble des opérations ci-dessus doivent être reprise dans le cadre d'un budget prévisionnel qui doit être porté à la connaissance de producteur forestier. Les différentes opérations à effectuer ou solutions préconisées sont alors qualifiées fiscalement pour être prises en compte soit dans le cadre de frais déductibles annuels soit portés en investissements amortissables.
Des décomptes de TVA sont élaborés à périodes fixes, tout comme la gestion des exonérations fiscales.